François, le premier pape écologiste ?

Le 25 novembre dernier, un communiqué de l’AFP titrait : « A Hiroshima, le pape juge immorale la possession d’armes nucléaires ». Cette prise de position radicale a tout pour satisfaire l’opinion publique nippone encore traumatisée par les bombardements qui ont clôturé la Seconde guerre mondiale mais le souverain pontife, venu rencontrer la communauté chrétienne du Japon, victime d’un lent génocide depuis les débuts du XVIIème siècle, a souhaité délivrer un message de paix sans précédent. Il a ainsi qualifié la bombe atomique de folie ultime et a milité sans ambiguïté pour le désarmement nucléaire en dénonçant «la perverse dichotomie de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue » et en appelant à la venue d’un « règne de vérité et de justice, de sainteté et de grâce, d’amour et de paix ».

Il ne s’agit pas de la première prise de position fondamentalement écologiste depuis le début de ce pontificat en rupture définitive avec les horreurs et les erreurs du XXème siècle. Malgré des orientations sociétales discutables et souvent rétrogrades, François rompt résolument avec le traditionnel anthropocentrisme chrétien et défend, sans opportunisme, les intérêts de la planète.

Déjà, en 2015, « Laudato si » avait posé les bases de l’écologie papale.  Même si les exégètes avaient alors souligné que ce n’était pas une encyclique verte  mais une encyclique sociale, il est un véritable manifeste mondial pour l’écologie intégrale. Le souverain pontife en fait une priorité au niveau international, national et individuel et exhorte ses contemporains à prendre soin de notre maison commune. Rendue publique le 18 juin 2015, « Laudato si » précède de quelques semaines les 17 objectifs du développement durable de l’ONU et résonne comme une alerte lancée à une humanité aveuglée par un consumérisme dénué de sens.

L’encyclique écologiste du Pape François dénonce d’abord une mauvaise utilisation des ressources naturelles et des modèles de développement non inclusifs. Il y prône la fin de la satisfaction des désirs immédiats et milite pour le bien-être des générations futures. « Laudato si » propose une vision éthique renouvelée qui ouvre la voie pour une transformation radicale des individus, des entreprises, des institutions et des systèmes politiques.

Elu écologiste et profondément laïc, j’éprouve une sincère gratitude pour ce pape qui, par le nom qu’il a choisi, est le premier apôtre de la solidarité planétaire.

 

Stéphane SAUBUSSE

Conseiller départemental de Gironde

Elu du canton des Portes du Médoc